Ses premiers pas dans le pays basque français
L’histoire de Pataugas est étroitement liée à celle de son fondateur, l’industriel et serial inventeur René Elissabide.
Portrait de René Ellisabide. ©Pays Basque Excellence
Quand il crée la marque le 24 août 1950 à Mauléon, l’insatiable René Elissabide n’en est pas à son coup d’essai : ancien représentant en farine pour la minoterie de sa tante, il a déjà lancé la sandale “Regum” (mi-chaussure mi-espadrille), des chaussettes en laine des Pyrénées, des produits insecticides, un savon à base de résine des Landes appelé “Devor” et même un alcool apéritif fièrement intitulé “Retap”.
©Paysbasqueavant
Au lendemain de la guerre et fraîchement rentré des États-Unis après un voyage d’études, René Elissabide développe et commercialise une paire de souliers révolutionnaires : entre la sandale en jute et le brodequin de montagne, il imagine une chaussure en toile montante et légère perchée sur une épaisse semelle crantée.
Rare paire de Pataugas et son étiquette carton 'modèle type' daté 1955. Chaussures en toile kaki. Semelles en caoutchouc noire. ©Royal Dragons
Parmi les quelques 60 brevets déposés par l’infatigable innovateur basque, c’est celui-ci qui le fait passer à la postérité.
Publicité Pataugas d'époque. ©Réclames de jadis
Pensé pour les randonneurs, adoubé par les marcheurs, adopté par les chasseurs et les pêcheurs, le “Pataugas” paraît en 1950 et se démarque immédiatement par sa souplesse exceptionnelle.
De fait, la tige en toile repose sur une semelle d’usure en caoutchouc vulcanisé, ce qui confère à la bottine une légèreté et une robustesse inédites.
C’est précisément cette technique de vulcanisation qui donne son nom au modèle puis à la marque éponyme : la semelle étant obtenue en chauffant la pâte de caoutchouc avec un réchaud à gaz, on abrège le tout en disant “pâte au gaz”, qui donnera “Pataugas”.
Publicité Pataugas ©Romain Bernard via Facebook
Le Pataugas : l’avènement d’un bottillon mythique
Solide et léger, souple et respirant, durable et fonctionnel, confortable et adapté à tous les terrains, le Pataugas de René Elissabide fait l’effet d’une bombe sur un marché largement dominé par le godillot en cuir.
Plus adapté aux nouveaux usages (liés au développement des loisirs de plein air), le Pataugas se fait un nom bien au-delà du pays basque et devient LE soulier du début des années 50.
Deux scouts dont un (à droite) chaussé de Pataugas, années 50. © AFP/PATRICK HERTZOG
D’abord pensé pour les promeneurs, il s’attire les faveurs d’autres publics grâce à sa ligne épurée, son design identifiable, sa grande fonctionnalité, son prix accessible et sa capacité à accompagner les activités les plus variées.
Randonneurs, scouts, sportifs, travailleurs, militaires : presque tous ont leur paire de Pataugas en cette deuxième moitié de 20ème siècle.
Réclame Pataugas
La consécration dans les années 60
De sa création en 1950 jusqu’à la fin des années 60, rien ne résiste à l’ascension du Pataugas.
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