Aube new-yorkaise et zénith parisien de l’amitié Schiaparelli-Man Ray
Elsa Schiaparelli et Emmanuel Radnitsky (dit Man Ray) se rencontrent à New-York en 1919.
Elle a 29 ans, une jeune fille issue d’un mariage dissout et le projet de devenir créatrice de mode. Il a le même âge, un diplôme de la libertaire Modern School en poche et gère la branche américaine du mouvement Dada avec Marcel Duchamp. L’entente est immédiate entre ces esprits indociles, assoiffés de liberté et épris d’innovation.
Portrait d'Elsa Schiaparelli en 1937 par Horst P.Horst ©Condé Nast Archive/CORBIS
Amorcée aux États-Unis, c’est à Paris que la relation entre les deux avant-gardistes se change en amitié puis en collaboration : Schiaparelli y a migré en 1922 pour offrir des soins à sa fille atteinte de poliomyélite tandis que Man Ray s’y est installé l’année précédente, décrétant que “Dada ne pouvait vivre à New-York”.
Man Ray par Carl Van Vechten. ©Van Vechten Collection at Library of Congress, Domaine public
Dans le Paris des années folles, ils fréquentent les mêmes cercles et deviennent rapidement des figures incontournables d’un quartier du Montparnasse en pleine effervescence. Aragon, Breton, Éluard, Höch, Ernst, Dalì, Taeuber-Arp, Soupault, Magritte, Cocteau ou encore Giacometti font partie de ces groupes qui incarnent plus ou moins consciemment le renouveau esthétique post Première Guerre mondiale.
Schiaparelli/Man Ray : pointe avancée des avant-gardes
Cette décennie, d’une richesse inouïe sur le plan artistique, est aussi celle qui voit l’éclosion du talent d’Elsa Schiaparelli : tout imprégnée du bouillonnement créatif des avant-gardes dadaïstes et surréalistes, elle se lance dans la couture en 1927 et se révèle aussitôt aux yeux du monde.
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