Vivre après la Terreur : l’origine du mouvement des Incroyables et des Merveilleuses
Le 27 juillet 1794, Robespierre est guillotiné à Paris sur la place de la Révolution, actuelle place de la Concorde.
Robespierre mené au supplice par Pierre-Antoine Demachy, 1794.
Cette exécution signe la fin de la Terreur et marque l’avènement d’une ère nouvelle où se succéderont deux régimes politiques entre 1795 et 1804 : le Directoire et le Consulat.
Caractérisée par une profonde instabilité, cette période est le théâtre d’une opposition entre royalistes et républicains ; tandis que les pouvoirs successifs tentent d’apaiser les tensions après des années de violences et d’horreur.
C’est dans ce contexte que la jeunesse dorée de la Capitale, murée dans le silence depuis 1789, opère ce que l’Histoire a retenu comme "une “réaction thermidorienne”.
Caricature allemande de 1870 figurant un couple d'Incroyable et de Merveilleuse en 1794. ©Bibliothèque des Arts Décoratifs, Paris, France
En réponse aux bains de sang aussi bien qu’au style égalitaire vanté par les Jacobins (carmagnole, pantalon, gilet à rayures, sabots et bonnet phrygien), cette frange de la population exulte soudainement et met au goût du jour une mise aussi truculente que déconcertante.
Un jacobin, Lesueur Frères. ©Musee de la Ville de Paris, Musee Carnavalet, Paris, France / Bridgeman Images
Après des années d’austérité où les signes extérieurs de richesse pouvaient envoyer leurs porteurs à l’échafaud, les premiers mois du Directoire se révèlent plus libéraux. Aussitôt, les jeunes royalistes s’engouffrent dans la brèche et inventent un style farfelu, maximaliste et exubérant jusqu’à l’outrance.
Dessin de Henri Baron gravé par Léopold Massard en 1843 figurant un couple d'Incroyable et de Merveilleuse
Années folles avant les années folles, cette parenthèse invraisemblable marque le retour du luxe et de la frivolité pour cette frange menue de la population. Les mœurs se libèrent, la danse est réinvestie, la gastronomie se développe, la presse fleurit et, sur le plan vestimentaire, le délire bat son plein.
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